Projets de l’Union européenne: trois régions au scanner

Hans-Peter Schadek vient d’effectuer sa première mission de prise de contact dans trois régions du pays. C’était du 30 novembre au 3 décembre dernier.

Il faut traverser la ville de Douala, de la pénétrante Est jusqu’à la sortie Ouest, évidemment en passant par le deuxième pont sur le Wouri, flambant neuf, pour apprécier l’impact et la grandeur des travaux routiers réalisés dans cette ville. « Impressionnant », selon l’ambassadeur Hans-Peter Schadek, chef de délégation de l’Union européenne au Cameroun. En poste à Yaoundé depuis trois semaines, le diplomate a estimé qu’il était temps de découvrir l’intérieur du pays. D’où sa première mission de prise de contact et d’information réalisée du 30 novembre au 3 décembre 2017 à Kribi, Douala, Tiko et Njombé. Andrea Pinna, représentant régional de la Banque européenne d’investissement (BEI) en Afrique centrale était partie prenante de cette visite de travail.

Une situation énergétique difficile
A Kribi dans le Sud, la mission conjointe UE/BEI a, dans un premier temps, visité les installations de la centrale à gaz de la Kribi Power Development Company (KPDC). La BEI a contribué au financement de cette usine d’une capacité de 216 MW d’énergie, en service depuis 2013. Sauf qu’aujourd’hui, sur ses 13 générateurs, seuls sept tournent effectivement, pour une offre de 115 MW. C’est donc un peu plus de la moitié de la capacité de production qui est en service. « Les six autres machines sont à l’arrêt pour des raisons de trésorerie », regrette Hans Francis Simb Nag, directeur général de la KPDC. L’on retient que la société Eneo, client unique de la KPDC, lui doit 46 milliards de F. « Avec des arriérés aussi importants, nous ne pouvons pas continuer à faire tourner les machines alors que nous avons aussi des charges à payer, dont le gaz et les pièces de rechange », souligne le DG.

Des routes et infrastructures portuaires en expansion
Le Port autonome de Kribi (PAK) a été passé au scanner. L’infrastructure achevée depuis plusieurs mois est déjà en pleine extension, en même temps que s’achève l’autoroute de desserte, Kribi-Edéa. « Mais la priorité de l’heure est l’éclairage de l’axe routier qui va du port au centre-ville », rapporte Patrice Melom, DG du PAK. Il indique aussi que le port est en quête de financements pour l’aménagement de la zone industrielle à mettre à disposition des opérateurs économiques. En perspective, le management du port va travailler avec le Tchad et la RCA, pour s’assurer de la fluidité de transit sur les corridors routiers, aussitôt que la plateforme sera véritablement opérationnelle.
A Douala, capitale économique, après avoir passé en revue les chantiers routiers, la délégation UE/BEI a marqué un temps d’arrêt au Port autonome de Douala (PAD). L’on retient ici que l’infrastructure date des années 80 et l’ambition du nouveau management est la réhabilitation. Cyrus Ngo’o, DG du PAD, explique que le port est également en quête de financements pour l’enlèvement des milliers d’épaves de navires qui encombrent les côtes. La construction de nouvelles aires de stockage est envisagée, en même temps que se met en place le programme de sortie du port de pêche de son caractère artisanal actuel. Mais l’intérêt de la délégation européenne était davantage porté sur la modernisation du terminal fruitier, où est embarquée la banane camerounaise, pour l’Europe.

10 000 hectares de bananeraie en difficulté
De la Cameroon Development Corporation (CDC)- 4500 ha, aux Plantations du Haut Penja (PHP)- 4500 ha en passant par Boh Plantations Limited (BPL) 2600 ha, la délégation de l’UE est allée au cœur des exploitations industrielles de banane du Cameroun. Les trois sociétés, regroupées au sein de l’Association bananière du Cameroun (Assobacam) salut l’appui quasi-indispensable de l’Union européenne qui favorise l’acquisition d’infrastructures de production (station de pompage, groupes électrogènes, etc.), la construction des infrastructures sociales (centres de santé, cantines, etc.) et l’encadrement de l’exportation. L’on relève cependant que les récoltes en 2017 ne sont pas bonnes, pour des raisons climatiques notamment.

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